Patrimoine artistique en Italie du Nord

Description du voyage

Jour 1 :

En matinée, vol vers Venise. Départ en autocar vers Ravenne et installation à l’hôtel. Cité impériale, la Byzance de l’Occident, enveloppée d’un charme nostalgique, conserve les plus riches et les plus beaux témoignages de l’art chrétien primitif, plus particulièrement ses splendides mosaïques du Ve au VIIe siècles, vantées par Dante. Le Mausolée de Galla Placidia, en forme de croix latine, est orné de mosaïques fameuses (Bon Pasteur, saint Laurent…). La décoration est à la fois géométrique, animale et végétale. L’église Saint-Vital, de style byzantin et de plan octogonal est connue pour ses mosaïques du chœur (scènes de l’Ancien Testament ; groupes de Théodora et de Justinien). Nuit à Ravenne.

Jour 2 :

En matinée, découverte des autres monuments de Ravenne : le Baptistère des Orthodoxes (ou Néonien) avec ses mosaïques représentant les prophètes ainsi que le Baptême du Christ entouré des 12 Apôtres ; le Baptistère des Ariens (Baptême du Christ et cortège des 12 Apôtres) ; Saint-Apollinaire-le-Neuf avec ses colonnes de marbre qui supportent un cortège de vierges et de martyrs se dirigeant respectivement vers la Vierge et vers le Christ en Majesté. À l’extérieur de la ville, là où se trouvait le fameux port de Classis, l’église Sant’Apollinare in Classe, très attachante, vaut elle aussi pour ses magnifiques mosaïques de l’arc triomphal (Christ entouré d’agneaux) et du chœur (Transfiguration ; saint Apollinaire). Après le déjeuner, trajet vers Ferrare. Le tissu urbain a été modifié par la méthode des "addictions", c'est-à-dire des agrandissements réalisés en programmant, selon le premier plan régulateur d'Europe, de grandes surfaces inhabitées. Sous l'impulsion du duc Hercule Ier (vers 1490), la surface de la ville double d'un seul coup ; son aspect change radicalement : elle devient la "première ville moderne d'Europe" (J. Burckhardt). Après un passage par la Place Ariostea, visite du Palais Schifanoia avec son cycle de fresques consacré aux Mois (Francesco Cossa). Nuit à Ferrare.

Jour 3 :

La ville de Ferrare, liée à la maison d’Este, est connue pour ses nombreux palais renaissants : le château des ducs d'Este, exemple extraordinaire d'architecture militaire ; le Palais des Diamants (ainsi nommé par l'aspect des blocs de marbre taillés en pointe qui le recouvrent). L'école renaissante ferraraise (Cosmè Tura, Dosso Dossi...) est caractérisée par un manque d’idéalisme, d’imagination, une absence de beauté dans l’expression, le goût du détail pittoresque et fantastique, la fermeté du dessin, le sens de l’observation réaliste. On s’en rend compte au Musée de la Cathédrale (Annonciation et saint Georges tuant le dragon de Francesco Cossa) et dans les collections de la Pinacothèque. On découvre aussi le dédale des rues étroites et tortueuses, ombragées et irrégulières des quartiers médiévaux, ainsi que le ghetto. Dans l’après-midi, trajet vers Vicenza pour découvrir le centre historique, que Palladio a marqué de son empreinte : le Palazzo Chiericati (aujourd'hui pinacothèque), l'église Santa Corona (tableaux de Bellini et Véronèse, crypte de Palladio), la contra Porti (avec ses hôtels de maîtres), la Piazza dei Signori et ses monuments célèbres dus à Palladio (la Basilique, la Loggia del Capitano). Nuit à Vicenza.

Jour 4 :

La matinée sera consacrée à d'autres réalisations de Palladio dans le centre de Vicenza. Le Théâtre Olympique, œuvre ultime du maître, qu'il laisse inachevée et que termine Scamozzi, est dessiné sur le modèle des théâtres antiques. On ne sait ce qu'il faut admirer le plus : l'espace architectural conçu comme une entité organique où la salle se confond avec la scène, les fantastiques perspectives scéniques ou le décor raffiné, presque baroque par le contraste entre les ornements en trompe-l'œil et les éléments fonctionnels en matériaux naturels, gothiques et palladiens. Le Palazzo Barbarona da Porto abrite un musée consacré à la vie et aux œuvres du célèbre architecte. Dans l'après-midi, visite de deux superbes demeures situées aux abords immédiats de la ville : la Villa Valmarana ai Nani (achevée au début du XVIIIe siècle), ornée de fresques de Gian Battista et Gian Domenico Tiepolo, ainsi que la Villa Rotonda, chef-d'œuvre de Palladio, demeure la mieux conservée dans sa structure originelle (salon central à coupole et plan circulaire), en harmonie avec le paysage environnant.

Jour 5 :

Le matin, nous allons sur les traces d'un architecte du XXe siècle, Carlo Scarpa, qui a érigé un mausolée spectaculaire à la mémoire d'une riche famille d'industriels, les Brion (à San Vito d'Altivole) et qui a conçu l'extension de la Gipsoteca (musée des plâtres) consacrée au grand sculpteur néo-classique Antonio Canova, à côté de la maison natale de ce dernier à Possagno. Dans cette ville, le temple de Canova, construit entre 1819 et 1830 sur le modèle du Panthéon à Rome, est un édifice néo-classique de forme circulaire précédé d’un double pronaos de style dorique. Après le déjeuner, on revient sur les traces de Palladio en admirant la Villa Barbaro à Maser. La maison de maître avec son entrée à colonnes et son superbe cycle de fresques dues à Véronèse, les arcades sur les communs, le nymphée, la chapelle méritent la visite. Retour à Vicenza pour y passer la nuit.

Jour 6 :

Asolo, aux pieds des Préalpes, est une charmante petite cité liée à Caterina Cornaro, ancienne reine de Chypre à la fin du XVe siècle. La promenade permet de découvrir la piazza Maggiore (beau panorama), le Duomo et la Loggia del Capitano dont la façade est couverte de fresques. Bassano del Grappa, où est conservé un pont de bois dessiné par Palladio lui-même, vaut pour ses rues étroites et ses places bordées d’arcades et de maisons peintes à la façon vénitienne. Marostica, petite ville au cachet ancien enfermée dans une enceinte fortifiée, est connue pour sa partie d’échecs en personnages costumés qui a lieu tous les deux ans devant le Castello Basso sur la grand-place qui sert d’échiquier. Transfert vers Padoue, installation à l’hôtel où nous passerons la nuit.

Jour 7 :

Padoue, cité religieuse, estudiantine, artistique, commerçante, est connue également pour ses cafés, lieux de rendez-vous de l’élite, particulièrement le Pedrocchi, fréquenté par les écrivains. Dans l’église des Eremitani (chapelle Ovetari) subsistent des fragments de peintures murales de Mantegna (Martyre de saint Jacques et de saint Christophe). La chapelle des Scrovegni abrite les célèbres fresques de Giotto illustrant la vie du Christ et de la Vierge. Dans le centre historique se trouve le Palazzo Bo, siège de l’université fondée en 1222 et qui a compté parmi ses élèves Michel de L’Hospital et - entre autres enseignants - Galilée. Le complexe renferme le théâtre anatomique (1584), le premier au monde de ce type - fixe et stable - parfaitement conservé. Nuit à Padoue.

Jour 8 :

Après avoir jeté un coup d’œil au Palazzo della Ragione, visite de la Basilique del Santo (saint Antoine) qui domine la place où Donatello a réalisé la statue équestre du condottiere vénitien Gattamelata (en restauration). De style romano-gothique, l’édifice compte six coupoles étagées. L’intérieur, orné de nombreux tombeaux et d’œuvres d’art, compte aussi un remarquable maître-autel réalisé par Donatello. Fin du circuit sur la grande place bien connue des Padouans, le Prato della Valle. Après le déjeuner, transfert à l'aéroport de Bologne. Vol retour vers Bruxelles.